délégation du geste, incertitude et mise en péril de la confiance

Quand le geste d’écrire se trouve délégué à un outil, la médiation introduite vient briser une forme d’assurance naturelle que le geste permet. Dans l’immense majorité des cas, celui qui écrit avec sa main peut s’assurer que les mots qu’il dessine sont correctement écrits et visibles au moyen d’une vérification minimale. S’il décide de se saisir d’un ordinateur, son geste est contraint par un clavier. Et puisque ce clavier reste le même, et que, sauf événement hautement improbable, il va continuer à fonctionner de la même façon, son utilisateur gagne en lisibilité, au prix d’un effort initial pour s’adapter à ce nouvel outil technique. Une fois cet investissement réalisé, la familiarité s’installe de nouveau, qui lui permet d’écrire facilement, vérifiant ce faisant également et régulièrement sur son écran que les mots inscrits correspondent effectivement au geste qu’il a réalisé.

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